On présente souvent les cyclistes comme de grands délinquants de la route, qui ne respectent rien. Voici un aperçu des clichés qui ont la vie dure.
Les clichés sur les cyclistes
1/ Les cyclistes grillent tous les feux
Beaucoup d’automobilistes (et de piétons) ont cette image du cycliste qui fonce sans regarder.
➡️ En réalité, beaucoup de cyclistes adaptent leur comportement à la situation (par exemple, passage au feu rouge pour tourner à droite ou aller tout droit quand c’est autorisé par un panneau “M12”) ou bien, pour leur sécurité il peut être préférable de s’extraire d’un carrefour quand les feux sont rouges et que l’on est bien visibles, ni dans un angle mort ni au milieu de la circulation. Il n’empêche c’est aussi vrai qu’une minorité ne respecte pas les feux — ce qui alimente la réputation du groupe entier.
2/ Ils roulent n’importe où
On entend souvent : « Les cyclistes roulent sur la route, et pas sur la piste cyclable, sur le trottoir, entre les voitures !»
➡️ Parfois, c’est vrai… mais souvent, c’est parce que l’aménagement est mal conçu ou inexistant. Le cycliste cherche l’endroit le moins dangereux, pas forcément celui le plus “réglementaire”
3/ Ils ne portent pas de casque
C’est une critique récurrente, liée à l’idée que le cycliste se met en danger.
➡️ Le casque n’est pas obligatoire pour les adultes et nous vous invitons à relire notre article : “le casque à vélo, faut-il le porter, faut il le rendre obligatoire ?”.
4/ Ils ralentissent tout le monde
Certains automobilistes perçoivent les cyclistes comme des obstacles.
➡️ Ce cliché traduit une culture de la vitesse et de la hiérarchie routière, où le vélo est vu comme un intrus. Pourtant, dans les zones 30 et 50, un vélo est souvent aussi rapide, voire plus fluide qu’une voiture.
5/ Ils roulent à deux de front pour discuter
➡️ C’est légal (le jour par bonne visibilité) tant qu’ils se mettent en file indienne quand un véhicule voulant dépasser annonce son intention de doubler.
Mais la nuance échappe souvent aux observateurs…
Le coût de l’insécurité routière
100 milliards d’euros
Source : Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière, 2024
=
le coût annuel de l’insécurité routière soit 3% du PIB de la France

Il y a 30 ans, le débat faisait déjà rage

Nous reprenons ci dessous, un article paru dans Combat Nature de février 1997 qui -près de 30 ans après sa parution !- est toujours d’actualité. Il est signé d’Abel Guggenheim co-écrit avec Isabelle Lesens, grands militants du vélo, cité par Stein Van Oosteren dans Désir d’Agir, avec leur aimable autorisation.
Les cyclistes, à ce que l’on dit, ne respectent jamais les règles de la circulation. Ils brûlent les feux rouges, remontent les sens interdits, roulent sur les trottoirs… Les automobilistes, quant à eux et chacun en convient, respectent scrupuleusement les dispositions législatives et réglementaires du Code de la route.
Saintes et innofensives autos
En ville, aucune voiture ne roule à plus de 50 km/h (ou 30km/h en zone 30). Les interdictions de stationner sont respectées (passages piétons, emplacements de livraison, places réservées aux handicapés, arrêts de bus). Les automobilistes ne stationnent pas au débouché des pistes cyclables, comme tout un chacun peut le constater. Ni sur les dénivelés permettant aux handicapés de monter sur les trottoirs, et ceux-ci, nullement gênés dans leurs déplacements se félicitent chaque jour du civisme des automobilistes.
Jamais les automobilistes ne s’aventureraient sur un trottoir ou dans une zone piétonne, ni pour y circuler ni pour y stationner, ce qui donne aux piétons en général, aux parents avec poussette en particulier, un confort de marche que bien des pays étrangers nous envient. Ce respect scrupuleux a permis d’éviter de border les trottoirs de barrières, ou de « quilles » disgracieuses, dont la présence serait sinon indispensable.
Le sang des automobilistes ne contient, jamais plus de 0,5 g d’alcool par litre, et l’entretien de leur véhicule est toujours parfait, y compris le réglage de l’éclairage et de l’échappement. Le contrôle technique des véhicules est donc une simple formalité. Les automobilistes n’utilisent leur avertisseur qu’en cas de « danger immédiat » et jamais pour se plaindre d’un livreur bloquant la rue à cause d’une voiture garée sur l’emplacement destiné aux livraisons, encore moins pour appeler quelqu’un.

Vous pouvez retrouver Abel dans l’émission de radio Rayons Libres à écouter en podcast sur cause-commune.fr et Isabelle sur son blog Isabelle et le Vélo. L’illustration de l’article est extraite du reportage d’Altis Play à retrouver ici.

