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Spad Bike, histoire d’un vélociste à Gouvieux

Entretien avec Pascal Pujol, acteur local de la mobilité dans l’aire cantilienne

Pascal Pujol devant sa boutique située rue Blanche à Gouvieux

Après une carrière enthousiasmante dans la mécanique et l’électronique d’aéronautique puis plus tard dans la gestion d’entrepôts pour l’aviation d’affaire, Pascal s’est tourné vers un autre type de mécanique et d’autres types de véhicules : les vélos ! Passionné de VTT de longue date et les circonstances professionnelles d’une fin de carrière qui ne lui donnait pas envie, il a décidé de monter sa boutique de réparation et de rénovation dans sa ville de résidence, Gouvieux.

« J’avais un vie exaltante avec un gros salaire et des voyages un peu partout. […] Mon salaire a été divisé par 10» décrit Pascal sans trop d’amertume sur les changements liés à sa reconversion.

Le vélociste propose aussi des petits équipements en plus du service de réparation

Son approche est différente des autres vélocistes de la région, met-il en avant dès mon arrivée. Il accueille tous les vélos sans filtrer alors que certains de ses homologues refuseraient si la marge faite était jugée trop faible, déplore Pascal. Sa boutique est petite et son modèle économique tout autant. Seul aux manettes, il accueille, conseille, répare, cherche les partenariats avec des gros clients. D’ailleurs, il a récemment réussi à décrocher un joli contrat pour maintenir la flotte nouvellement arrivée destinée aux flâneries à vélo des touristes de passage d’un hôtel de prestige du coin. Un stabilité de rentrée d’argent bienvenue à un moment où s’essouffle le vague d’enthousiasme des nouveaux cyclistes loisirs. En effet, ça n’est pas simple de rester à flot quand on est un vélociste indépendant nouvellement implanté, surtout à Gouvieux où rares sont les vélotafeurs et vélotafeuses. De plus, c’est un travail avec des saisonnalités. Dès que le printemps pointe son bout du nez, les affaires reprennent et ce jusqu’au début de l’automne.

Pascal analyse aussi son modèle économique et ses résultats à l’aune d’une vision macroéconomique voire même géopolitique, disant ressentir les effets du climat sociétal actuel anxiogène lié aux guerres de plus en plus visibles, de la politique budgétaire nationale peu claire ni fringante. Bref, l’horizon ne semble pas au beau fixe à en écouter les média… selon Pascal.

Fier de me présenter son fonctionnement et sa plus-value par rapport aux autres vélocistes, Pascal m’explique son système de devis qui laisse le choix clair et éclairé à sa clientèle du niveau de réparation final à effectuer. Il se considère comme un technicien bien davantage qu’un commercial. Il n’hésite pas à proposer des explications détaillées et pointues à sa clientèle, ajoutant même avec un petit sourire qu ‘ « [il est] parfois trop technique et peu accessible dans ses explications ! ».

« Je ne suis pas avenant ni commercial mais je me suis révélé ! ».

En effet, changer de métier et devoir faire face à des client.es n’est pas chose aisée quand on a dépassé 50 ans mais les compétences peuvent toujours être développées, comme ici pour Pascal et la relation humaine dans le cadre d’un commerce.Que son honnêteté et son expertise lui soient louées ! Une de ses activités qui lui permet de se démarquer est la pose de kit d’électrification sur vélos musculaires. Pendant notre rencontre, deux clients entrent pour amener des vélos. Grâce à son expertise technique reconnue et son ancrage local dans l’aire cantilienne depuis sa naissance, les habitant.es de la ville et des environs viennent utiliser ses services. Crevaison, cintre large à raccourcir, révision générale, voici le quotidien des entrées et sorties de la boutique Spadbike

Une des déconvenues rencontrées par Spad Bike est un manque d’enthousiasme pour les vélos vintages, désaffection particulièrement vraie pour la clientèle masculine. À la remise en marche d’un vieux vélo, on préfère en acheter un neuf (ou ne pas faire de vélo !), ce que regrette Pascal, pourtant friand de ce genre de restauration.

En France, la filière vélo est sur une pente ascendante mais à du mal à former un réseau dense et divers où les petits arrivent à s’en sortir financièrement. Dans une France où la voiture est encore un outil central pour se déplacer notamment au sein des familles et dans les espaces ruraux, Gouvieux ne fait pas exception.

Le pratique du vélo n’y a pas décollée et cela n’est pas sans lien avec le besoin d’infrastructures et de soutien des services vélo sur le territoire. Le souhait d’un engagement plus fort de la part de la municipalité, exprimé par les riveraines et riverains via le baromètre vélo sorti dernièrement, est resté sans réelle réponse jusqu’alors…

Entretien réalisé par Louise, chargée de plaidoyer à VélOOise

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