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Gaston Rahier Loisirs, vélociste historique et témoin privilégié des évolutions du marché du vélo

Discussion avec Nathalie et Sylvain Larenaudie, couple dynamique de quinquas aux manettes de la boutique située dans la zone de St-Maximin depuis près de 35 ans.

AU5V : Comment avez-vous perçu l’évolution du marché du vélo en près de 35 ans ?

Nathalie Larenaudie : À nos débuts, on avait dix modèles de chez Scott, c’était tout. Je me rappelle encore des noms : le Peak, le Boulder, le Windriver, … La vente de vélos au départ, c’était très simple. Même tout ce qui est mécanique. J’étais toute seule dans la boutique, mon mari était à l’atelier, et si on me demandait un plateau, je pouvais tout de suite renseigner. Maintenant les plateaux, les pédaliers… chaque pièce a ses spécificités et si vous avez seulement dix modèles dans votre magasin, ça fait un peu vide.

Sylvain Larenaudie : On a vraiment vu les évolutions, notamment l’apparition du VTT. Ça me permet, aujourd’hui, de réparer des vélos d’il y a 20-25 ans, car c’est des modèles que j’ai déjà entretenus auparavant. Les jeunes formés récemment, ils sont à l’aise sur les nouvelles technologies, mais sans forcément maîtriser les anciennes.

AU5V : Le vélo à assistance électrique (VAE) a dû aussi changer beaucoup de choses pour vous ?
SL : Oui, bien sûr. Le VAE, depuis une dizaine d’années, ça représente un gros plus dans notre chiffre d’affaires. On touche aussi une nouvelle clientèle.

AU5V : Quelle nouvelle clientèle ?
SL : Une clientèle qui ne faisait pas trop de vélo auparavant et qui grâce au VAE se met au vélo. Ça permet aussi à des personnes plus vieillissantes qui ont toujours fait du vélo, d’acheter un vélo électrique et de pouvoir continuer à en faire. Il y a vingt ans, une personne qui avait 75 ans, elle arrêtait le vélo.

AU5V : Dans cette nouvelle clientèle, il y a des gens qui vont l’utiliser pour faire du « vélotaf » ?
SL : Oui, tout à fait. Ce n’est pas non plus une majorité, mais on touche aussi un public qui s’en sert comme moyen de locomotion. Pas forcément en nombre aussi important que dans les grandes villes bien sûr, puisque malheureusement dans notre région, le vélo utilitaire est encore peu développé.
Ce qu’on a remarqué, c’est qu’on a pas mal de clients chez les instits et les profs de la région. Peut-être parce qu’ils ont l’avantage de pouvoir ranger leur vélo à l’école par rapport à certaines entreprises qui n’offrent pas cette possibilité ? En tout cas, dans cette clientèle, on retrouve du vélo électrique comme du vélo musculaire.

AU5V : Et votre clientèle vient d’où à peu près ?
SL : On a 80 % de notre clientèle qui vient du bassin creillois et des communes alentours : Lamorlaye, Chantilly, Senlis. Le reste vient du Beauvaisis et du Compiégnois.

AU5V : Est-ce que le gain de chiffres d’affaires apporté par le VAE vous incite à proposer beaucoup plus de vélos électriques que de vélos mécaniques ?
SL : Il y a 10 ans, on avait 5-6 modèles à assistance électrique. Aujourd’hui, on en a une trentaine. Mais on fait attention à tout de même encore proposer une large gamme de vélos musculaires, parce qu’il y a toujours de la demande. Depuis deux ans notamment, je trouve que le VTT musculaire, ça repart bien.

AU5V : Et comment avez-vous vécu la période du Covid, souvent vue comme une bascule vers une explosion de la pratique du vélo ?
SL : La période post-Covid a été ambivalente. À la sortie du confinement, on a eu des ventes exceptionnelles, du jamais vu en 30 ans de magasin, les fournisseurs n’arrivaient même plus à suivre le rythme. Mais dans les deux années qui ont suivi, ça a été plus compliqué puisqu’un vélo ce n’est pas quelque chose qu’on change tous les six mois.

AU5V : Plus récemment, le 14 février, l’État a supprimé les aides à l’achat d’un vélo (musculaire, électrique, cargo ou adapté). Est-ce que ça vous inquiète pour l’avenir ?
NL : Oui, ça nous inquiète. On a eu l’exemple de l’aide à l’achat d’un vélo, proposée par le Département de l’Oise, c’était de l’ordre de 150 €. C’était vraiment intéressant pour les clients, surtout lorsque ça se combinait avec des promos qu’on avait déjà en magasin. Dès qu’il y a des primes, on voit que c’est le petit coup de pouce appréciable qui fait que les gens se décident à acheter. Honnêtement, je trouve que le vélo, ce devrait être remboursé par la Sécurité sociale car cela permet à beaucoup de gens de pratiquer une activité physique qu’ils n’avaient pas dans leur quotidien auparavant.

L’histoire derrière la boutique
AU5V : Vous êtes présents depuis une trentaine d’années à St-Maximin. On rembobine ?
NL : Le 12 avril 1991, on ouvre notre 1ère boutique à Saint-Maximin.
SL : On était dans une petite boutique de 60-80 m² dans la galerie marchande du Cora. D’ailleurs, on a encore la photo de l’époque affichée au mur ici. À l’origine de tout ça, il y a Gaston Rahier, célèbre pilote de moto d’origine belge, venu habiter dans le coin. Il voyageait énormément comme pilote international pour la marque BMW et donc il s’est rapproché de Roissy parce qu’en Belgique les aéroports n’étaient pas encore aussi développés. Il cherchait à acheter un bon VTT et ne trouvait pas de magasin pour cela. Ça lui a donné l’idée d’ouvrir une boutique pour lui et ses enfants : Nathalie et son frère.

AU5V : Il recherchait un vélo et il s’est dit « je vais ouvrir ma propre boutique » ? Ce n’est pas très commun.
SL : En Belgique, il avait l’habitude d’avoir des magasins de vélo partout. Quand il arrive en France, ce n’est pas du tout le cas par ici. Comme Gaston Rahier était très connu, le directeur du Cora de l’époque lui a dit qu’il pouvait avoir un local dans la galerie marchande. C’est pour ça qu’on avait un petit magasin au départ. Après, on est passés à un magasin plus grand, d’environ 150 m², toujours dans la galerie marchande. Et enfin, pour des questions d’économies – les loyers étaient quand même très élevés – et de place de stockage, on s’est dit qu’au bout de 10 ans d’activités, on pouvait sortir du cœur de la zone et avoir ce grand local où l’on se parle aujourd’hui. Et on y est depuis 23-24 ans.

Cet article est paru dans la Bicycl’Oise n° 24

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Picard Régine
Picard Régine
5 mois il y a

Des commerçants au top ! Avec mon mari, nous avons acheté nos deux VAE chez eux. Excellent service après vente.

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