En arrivant dans la zone commerciale de St-Maximin, quelque chose saute aux yeux : la voiture est reine. Partout, de larges routes, rond-points et parkings desservent les nombreux magasins. Les piétons et vélos semblent absents.
Cela ne reflète pourtant pas la situation du vélo en France, dont la pratique utilitaire et de loisir ainsi que les ventes augmentent, selon une étude de l’Observatoire de la France à vélo, publiée en 2023. Ce boom de la bicyclette amène, avec lui, un besoin accru d’emplois, mécanique et vente en tête. En mai 2022, environ trois quarts des offres d’emploi publiées concernaient ces deux métiers.

Dans l’atelier de Bouticycle à St-Maximin.

Ronan, apprenti mécanicien-vendeur
À Bouticycle, vélociste présent sur la zone commerciale, Ronan Lefranc, 19 ans, effectue sa deuxième année d’apprentissage. « J’ai eu une scolarité classique jusqu’au collège puis je me suis orienté vers un bac pro cuisine. Finalement, j’ai décidé de me réorienter pour suivre une formation en mécanique vélo », explique-t-il.
Alternant trois semaines en entreprise et une semaine en formation, à l’Institut national du Cycle et du Motocycle (INCM) de Toulouse, le jeune apprenti obtient son diplôme en un an. « Cette année, j’ai voulu plus me former sur la vente. J’effectue donc une autre formation d’un an à l’INCM, tout en restant en apprentissage chez Bouticycle. »
Sa volonté de s’investir professionnellement dans le vélo ne sort pas de nulle part : Ronan pratique assidûment le VTT depuis cinq ans, dans une association du Val d’Oise. Parfois, il roule aussi en vélo gravel ou de route. « C’est mon problème, j’ai trop de vélos à la maison », dit-il en riant.
« Je ne suis pas forcément passionné par la mécanique vélo à la base, c’est plutôt un prétexte pour ouvrir des portes dans le monde du vélo », détaille Ronan, lorsqu’on lui demande pourquoi il a choisi cette voie. Travailler dans cette branche lui permet toutefois de « voir chaque jour des choses différentes ». Toutes sortes de clients et de vélos.

Romain, vendeur reconverti
À 31 ans, Romain Debove affiche quelques expériences au compteur. Après un bac professionnel pour devenir paysagiste, il exerce environ sept ans dans ce milieu avant de vouloir se reconvertir. Romain ne part toutefois pas de rien. Les sorties en VTT le dimanche avec son père durant son enfance et la pratique du VTT en compétition, comme son collègue Ronan, ont développé chez lui un goût prononcé pour l’objet vélo.
« Je n’avais ni expérience ni formation mais j’ai eu la chance de pouvoir débuter comme vendeur à Intersport durant un an et demi. » S’en suit une embauche à Bouticycle et une formation en vente à Sup de vélo, une école partenaire de l’enseigne près de Toulouse.
Plutôt concentré sur la partie vente et conseil aux clients, Romain affirme qu’il n’hésite pas à aider à l’atelier quand il faut. « C’est un métier où il faut être polyvalent et ne pas avoir peur de mettre la main à la pâte », explique le trentenaire avec un grand sourire, qu’il dit ramener chaque jour au boulot.
Aujourd’hui, après sept ans dans la vente de cycles en tout genre, Romain apprécie le cadre de son poste actuel et le contact avec les clients, pas forcément toujours bien lunés. « Je suis passionné par le vélo donc travailler ici, c’est avant tout vendre ma passion », complète-t-il. « Je ne me verrais pas vendre des voitures, ça c’est sûr. »
