Originaire de Pont-Sainte-Maxence, Joseph, 19 ans et étudiant en école de commerce à Lyon, est parti pour un voyage d’un mois à travers plusieurs pays européens à l’été 2024. Le tout en vélo couché, un vélo sur lequel il n’avait jamais pédalé auparavant.
Après plusieurs voyages en famille sur un vélo musculaire classique, Joseph Challan-Belval souhaitait partir plus loin, plus longtemps et également tester une autre manière de pédaler. C’est ainsi qu’il s’est lancé le défi d’un voyage à travers l’Europe à vélo couché. Le principe est simple : ici pas de selle mais un siège qui épouse la forme du dos, des pédales à l’avant du vélo et un guidon qui tombe sous les mains au centre du vélo. Aérodynamisme garanti, mais une prise en main est nécessaire pour trouver l’équilibre, du fait d’un centre de gravité différent.
« Un mode de transport qui aide à entrer en relation avec les gens »
« Avant sur mon vélo classique, j’avais souvent mal aux fesses et aux poignets lors de voyages sur plusieurs jours. Avec un vélo couché, on est sur une approche plus douce et l’apprentissage de l’équilibre reste assez facile et proche de celui qu’on ferait sur un vélo classique », relativise Joseph. Même avec des sacoches allégées au maximum, mais tout de même bien garnies, nous certifie-t-il. Autre avantage, non négligeable, note-t-il : « Pouvoir faire du vélo en tongs, short et chemise. Ça permet de dire adieu aux chaussettes ».

Après s’être fait aux particularités de ce vélo lors de quelques jours d’essais dans l’Oise et d’une virée vers les Pays-Bas et la Belgique, Joseph s’élance le 23 juillet 2024, pour les premières étapes avec sa famille, jusqu’en Bourgogne. Il prendra ensuite la route en solitaire, direction la Croatie, avec l’idée d’une boucle à travers l’Europe. Les étapes ne sont pas forcément toutes complètement planifiées en avance, « l’idée était de rouler et de voir au jour le jour comment je me sentais ».
Joseph modifie son itinéraire en fonction de ce que lui disent les personnes rencontrées sur la route. « Le vélo couché est un mode de transport plus original, qui aide à rentrer en relation avec les gens, car ça permet tout de suite d’avoir un sujet de discussion. Et sur la route, avec un vélo atypique, les gens font aussi plus attention. »
La vie en solitaire sur son vélo couché se fait au jour le jour. « Les seuls soucis que j’avais, c’était de savoir quel temps il ferait le lendemain et de porter une plus grande attention aux sensations que je ressentais dans mon corps au fil des kilomètres. »

« Voyager tout seul à vélo permet un travail intéressant sur soi »
Ce qui n’empêche bien sûr pas les coups de mou, comme lors d’une journée en Italie, pays que Joseph a trouvé particulièrement dur à traverser dans sa partie nord. « Il faisait vraiment très chaud et les routes que j’empruntais étaient éreintantes, car il y avait beaucoup trop de voitures. Je me suis dit « mais qu’est-ce que je fais là ?« . Avoir ces moments compliqués, ça permet heureusement de profiter d’autant plus des bons moments. »
« Voyager tout seul à vélo permet un travail intéressant sur soi, tant physique que mental », note en tout cas le jeune homme avec le recul. Ce dernier s’est notamment enregistré quotidiennement avec le dictaphone de son téléphone puis a transposé ces notes vocales à l’écrit pour constituer un récit complet et illustré de ce mois passé à pédaler.
À la fin de ce périple, qui aura vu Joseph remodeler son itinéraire pour éviter, en particulier, de traverser la Suisse et ses nombreux et redoutables cols alpins,le bilan reste très positif. Pas de grosse galère mécanique autre que les problèmes habituels rencontrés sur un vélo, plus de 3000 km au compteur, moins de 100 € de budget pour la vie quotidienne grâce notamment à ses nuits passées en hamac (avec moustiquaire !) et chez l’habitant, un coup de cœur pour la Slovénie et ses paysages et d’autres projets déjà en tête pour la suite comme tester un voyage… en vélomobile.
Pour celles et ceux que ça intéresse, Joseph est ok de leur partager son récit écrit ! Contact : joseph.challanbelval[at]gmail.com (remplacer le [at] par @)
Crédits photos : © Joseph Challan-Belval
Cet article est paru dans la Bicycl’Oise n° 24

