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Chemins de traverse : une alternative sécurisée pour le vélo au quotidien ?

Si nous disposions dans l’Oise d’un réseau cyclable continu et cohérent, c’est sûr, davantage de personnes feraient leurs déplacements quotidiens à vélo. Nous pourrions alors atteindre les objectifs nationaux et régionaux 2030 de 12 % des déplacements quotidiens à vélo et réussir à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 20301. Dans l’Oise, où le réseau cyclable reste fragmenté et les financements publics se raréfient, il est urgent de trouver des solutions alternatives. Les chemins de traverse offrent une opportunité unique de développer une mobilité active, tout en préservant et réhabilitant des voies historiques.

VélOOise lance un projet ambitieux pour identifier et qualifier ces chemins, et nous avons besoin de vous pour y parvenir !

En complément des infrastructures officielles en attente de réalisation, notre association propose de recenser et de valoriser les chemins de traverse : des itinéraires anciens, souvent oubliés, qui permettent d’éviter les axes dangereux.

Les chemins de traverse : une solution pragmatique

Comme l’explique l’article « Le vélo, la campagne et le quotidien : trouple impossible ? » publié sur le site Autrement Autrement, la voiture a peu à peu effacé ces itinéraires du paysage, bien qu’ils aient longtemps été optimisés par nos ancêtres pour être des voies efficaces et praticables. Aujourd’hui, certains de ces chemins existent encore, mais sont mal entretenus, parfois préemptés par des riverains, ou interdits d’accès.

Notre objectif est de recenser les chemins de traverse, et de mener une réflexion sur leur intégration dans les politiques locales de mobilité et leur remise en état.

La France disposerait d’un réseau de chemins de traverse, qualifiés souvent de « chemins ruraux » ou « voies communales »2 de plus de 1 million de kilomètres. Or des milliers de ces chemins disparaissent chaque année. Ainsi, en Hauts-de-France, sur 601 communes référencées dans les cinq départements, 17 % des chemins ruraux
ont disparu en seulement six ans, entre 2017 et 2023.

Qu’en est-il de la cyclabilité de ces chemins de traverse ?

Un chemin de traverse vers St-Maximin.

Contrairement à une idée reçue, les chemins de traverse ne sont pas nécessairement impraticables pour les cyclistes. Historiquement empruntés à vélo avant l’ère du tout-voiture, ces itinéraires ont été optimisés pour éviter les détours inutiles et les obstacles naturels.

Bien que leurs revêtements varient (terre battue, graviers, pavés), de nombreux modèles de vélos, notamment les vélos tout-chemin (VTC) et les vélos gravel, permettent de les parcourir confortablement. De plus, avec un entretien minimal (débroussaillage, réfection ponctuelle du sol), ils peuvent rapidement devenir des alternatives viables pour des trajets du quotidien.

Avantages pour les cyclistes du quotidien

  • Sécurité : moins d’exposition aux routes à fort trafic.
  • Économies : réduction des coûts liés à l’utilisation d’un véhicule motorisé.
  • Bien-être : le plaisir d’exercer une activité physique bénéfique pour la santé, tout en contribuant à la réduction des gaz à effet de serre.

Bénéfices pour les collectivités territoriales

  • Contribution à la stratégie nationale bas-carbone 2030 : diminution des émissions de gaz à effet de serre résultant des déplacements quotidiens motorisés.
  • Atteinte des objectifs nationaux et régionaux : vers 12 % de déplacements quotidiens à vélo d’ici 2030.
  • Développement d’un réseau marchable et cyclable alternatif à coûts réduits : souvent, quelques aménagements légers suffisent (recharge du revêtement, débroussaillage, signalisation, etc.)
  • Revitalisation des territoires : facilité d’accès aux commerces, services locaux et autre lieu d’intérêt
  • Préservation de la biodiversité : contrairement aux routes bitumées, ces chemins favorisent un environnement naturel équilibré.
  1. Selon l’Ademe, avec 31% des émissions françaises de gaz à effet de serre, le transport est la première source d’émissions, devant les bâtiments, l’agriculture et l’industrie, tous trois ex-æquo. Parmi les transports, la voiture représente plus de la moitié des émissions. ↩︎
  2. La différence entre voie communale et chemin rural est notable : les voies communales font partie du domaine public et leur entretien constitue une dépense obligatoire, contrairement aux chemins ruraux. Source : Banque des territoires ↩︎

Cet article est paru dans la Bicycl’Oise n° 24.

Crédits photos : ©VélOOise / Nils Hollenstein & Angelika Oleksiak.

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