En ce soir de fin août qui sent encore les vacances, je retrouve Radhia au parc Hébert de Nogent-sur-Oise. La Nogentaise d’adoption – elle a emménagé dans la commune en 2016 – arrive tranquillement à vélo au rendez-vous, casque sur la tête et lunettes de soleil sur le nez.
La quarantenaire et maman de deux enfants se demandait bien si elle allait pouvoir, un jour, remonter sur une bicyclette. « J’avais déjà appris à en faire lorsque j’étais au collège, mais j’ai arrêté peu après donc je ne me sentais plus de remonter sur un vélo », explique-t-elle, alors qu’elle habitait à l’époque à Paris.
« Après notre déménagement en banlieue parisienne, je voyais mes enfants faire du vélo et cela m’a donné envie de m’y remettre ».
Une rencontre bienvenue avec l’AU5V

En 2021, quelques années après son arrivée à Nogent-sur-Oise, Radhia commence donc ses recherches pour se remettre en selle. En 2022, une première proposition d’un stage intensif de 15 jours lui est faite. Impossible pour elle de se libérer sur une période aussi longue, elle ne donne pas suite.
Ce n’est qu’en 2023, qu’elle entendra par hasard parler de l’AU5V et des cours de vélo-école dispensés à Montataire par Frédéric. « Des cours gratuits le samedi et dimanche matin, c’était parfait pour moi ! », exulte-t-elle. « La gratuité facilite grandement le fait de s’engager dans ce parcours. » En juillet 2023, Radhia remonte donc en selle depuis bien longtemps et effectue ses premiers exercices d’équilibre, prémices d’un apprentissage de plusieurs mois avec d’autres élèves, en majorité des femmes adultes comme elle.
« Avant la première séance, j’appréhendais beaucoup. Est-ce que le professeur ne va pas être méchant et moqueur avec moi ? », retrace Radhia. C’est une tout autre impression qu’elle livre après une année de cours à Montataire :
« Frédéric est un super prof, bienveillant et qui ne nous explique pas seulement comment pédaler, mais aussi des choses sur le monde du vélo. »
Passer de l’appréhension à la confiance sur un vélo

Des semaines d’apprentissage, la cycliste en herbe retient notamment « de belles rencontres avec les autres participantes ». « On s’encourage et on se soutient toutes entre nous, c’est vraiment bienveillant. Parfois, on se lance aussi des petits défis pour s’améliorer et rigoler. »
Prendre ces deux matinées sur un week-end est pourtant loin d’être évident, tient à souligner Radhia. « C’est du temps à prendre sur des journées déjà bien chargées. Mais on le prend quand même et ça nous fait du bien et reprendre confiance en nous. »
La transformation de l’appréhension en confiance et plaisir à pédaler est au cœur de ces moments partagés entre apprenantes. « Quand Frédéric faisait les parcours, on lui disait « c’est trop compliqué » mais je me rends compte à posteriori, lorsque je pédale en conditions réelles, que c’est hyper formateur face aux obstacles que je peux rencontrer dans la rue », souligne Radhia.
Persévérer est le maître-mot ici. « Il ne faut pas lâcher l’affaire. L’équilibre prend plus ou moins de temps et certains jours, on n’arrive plus à faire le parcours qu’on réussissait pourtant la veille », se souvient Radhia. « Pourtant, à la fin, c’est toujours cette sensation de liberté qui domine lorsque je commence à pédaler. »
« Allier l’utile à l’agréable »
Cette sensation, Radhia confirme la ressentir chaque matin et soir sur le chemin entre son lieu de travail à Laigneville et son domicile. Depuis début juillet 2024, la quarantenaire est autonome sur son fidèle biclou vert, acheté d’occasion au printemps. « Prendre la voiture n’est pas une option pour moi, mon mari la prend souvent pour se rendre à son travail à Paris. » La déviation de sa ligne de bus habituelle, suite à des travaux dans le centre de Laigneville, et les horaires d’été peu pratiques achèvent de la convaincre de tenter le vélotaf.
« Avec le vélo, c’est moi qui décide à quelle heure je sors de chez moi, je ne suis plus dépendante des horaires de bus et ça ne met pas plus de temps » , dit-elle dans un sourire.
« Pour moi, c’est lier l’utile à l’agréable. Je fais du sport sans m’en rendre compte, tout en me faisant plaisir. Et puis, j’adore rouler et sentir le vent sur mon visage. »
Radhia appréhende toujours un peu la circulation lorsqu’elle doit partager la chaussée avec les véhicules motorisés. « Dès que je ne me sens pas à l’aise, par exemple au niveau du rond-point de Laigneville, je descends de mon vélo. Parfois, il faut s’insérer sur la chaussée parce que l’aménagement cyclable s’arrête, ce n’est pas évident. » Mais elle confie s’être sentie de plus en plus à l’aise au fil des deux mois d’été et n’avoir eu que peu de mauvaises expériences.
« Le premier jour où j’ai pris mon vélo pour aller au travail, c’était inhabituel pour mes enfants. Le plus petit m’a même dit « Surtout, fais attention maman ». Mais maintenant, ce n’est plus quelque chose qui sort de l’ordinaire pour eux et ça leur montre qu’on peut toujours apprendre, même à l’âge adulte. »

