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Témoignage : Frédéric, Administrateur de l’AU5V raconte sa transition de l’auto au vélo

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« J’ai 57 ans, j’habite Nogent sur Oise depuis toujours, je suis travailleur indépendant dans le domaine des mobilités actives : j’accompagne les collectivités dans le changement des habitudes de déplacement des habitants et par ailleurs j’apprends aux enfants et aux adultes à faire du vélo
(sans tomber 😊)»

AU5V : Depuis quand fais-tu du vélo, où as-tu appris ?

Je ne me souviens pas exactement mais je pense que j’ai appris à faire du vélo très jeune en Allemagne, dans le village où habitaient mon oncle et ma tante. Ensuite j’ai perfectionné ma pratique en parcourant les rues de Nogent et ses environs le jeudi après-midi et les week-ends. A l’époque les enfants étaient tout le temps à l’extérieur pour les loisirs et forcément le vélo était de la partie dans pas mal de pérégrinations. Je me souviens très bien d’une sortie à vélo en CM2 organisée par l’école Paul Bert, l’itinéraire comprenait la montée de la côte de l’Escargot à La Neuville-en-Hez… Ensuite je suis allé au collège Marcelin Berthelot avec un vélo comme beaucoup de collégiens, de fait le garage à vélos y était bien rempli. Malheureuse-ment un matin au moment de partir au collège je n’ai plus retrouvé mon vélo pliant rouge de supermarché et j’ai fini ma scolarité à pied. Grace au refus catégorique de mes parents j’ai échappé « au rite de passage de la mobylette » qui s’est révélé être une funeste hécatombe pour les adolescents français de l’époque…

Avais-tu définitivement renoncé au vélo après cette déconvenue ?

Non, je suis remonté sur un vélo une fois étudiant à Angers car c’était plus facile et rapide pour le quotidien et j’ai découvert à peu près au même moment qu’on pouvait voyager à vélo pour peu d’argent.
Du coup pendant mon service militaire à Cherbourg j’ai pu parcourir le nord du Cotentin dans tous les sens chaque weekend grâce au vélo que j’avais emmené. Je suis d’ailleurs rentré de l’armée à vélo en faisant une halte à Nogent pour continuer dans la foulée jusque Copenhague au Danemark. C’est à l’occasion de ce voyage que j’ai compris à quel point le modèle «tout pour l’automobile » français était une sacrée absurdité sociale, à la fois pour l’autonomie des jeunes, des personnes âgées et celles en situation de handicap (ça fait déjà du monde) mais aussi sur plein d’autres aspects.

Comment s’est passé ton retour à la réalité après ce voyage ?

Mal…Ayant trouvé un emploi à Bornel je me suis persuadé dès le début, que le seul moyen de m’y rendre était la voiture et j’ai donc fait le trajet (28km) depuis Nogent pendant plus de 20 ans sans me poser la moindre question. Mais un hiver à la faveur d’un épisode neigeux rendant la conduite bien difficile j’ai découvert qu’il était possible de combiner le vélo et le train depuis Nogent avec finalement peu d’allon-gement de temps de trajet. En quelques jours j’ai découvert à quel point l’automobiliste que j’étais n’avait pendant 20 ans raisonné qu’avec sa voiture, bêtement. Ensuite, j’ai poursuivi mon expérimentation jusqu’à adopter définitivement cette nouvelle façon de me rendre au travail.

Quels avantages en as-tu retirés ?

Au-delà des bénéfices financiers immédiats, j’ai aussi rapidement constaté que j’étais beaucoup moins stressé en rentrant le soir à la maison et, effet encore plus étonnant, c’est ce sentiment de liberté ressenti de ne plus être prisonnier de la voiture.
De fil en aiguille nous avons décidé en famille de moins utiliser notre voiture pour favoriser le vélo de plus en plus souvent au quotidien. Rapidement nous sommes arrivés à ne plus faire qu’un plein et demi de carburant par an. Jusqu’au point d’abandonner totalement la possession d’une voiture voilà plus de 10 ans maintenant.

Penses-tu que votre expérience familiale soit transposable ?

Même si au départ l’abandon de notre voiture nous est apparu comme un saut dans l’inconnu, notre « sevrage progressif de la bagnole » nous a permis d’encaisser la chose en douceur collectivement et de découvrir en même temps que nous étions tous finalement capables de nous adapter sans trop de dommage. Je conseillerai donc d’expérimenter en premier des modes alternatifs pour se rendre au travail et d’avancer progressivement. Une fois cette étape franchie le reste est vraiment facile. Au final, bien sûr qu’il y aura des changements mais ceux-ci seront bien moindre que les changements non consentis et plus brutaux que nous prépare l’avenir, autant s’y préparer dès maintenant.

bicycloisesmall.jpgCet article est paru dans la Bicycloise n° 22

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