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Portrait de Nils, chargé de plaidoyer et d’animation pour VélOOise entre 2024 et 2026

Un boulot à vélo

Chaque matin, Nils enfourche son vélo pour rejoindre la gare de Creil. Soit pour aller au bureau de l’association, situé directement sur le parvis, ou bien pour sauter dans un train pour animer une sensibilisation à l’écomobilité dans une école, rencontrer un⋅e élu⋅e, participer à une réunion, un colloque ….

Fraîchement diplômé de deux masters franco-allemands en science politique et journalisme, il est descendu de ses montagnes pour rejoindre l’association dans son premier CDI, à Creil. Il avait apprécié la mention de la fiche de poste « Il n’est pas attendu du candidat ou de la candidate d’être expert(e) dans tous ces domaines, l’association l’accompagnera pour monter en compétence. »

Dès la première année, il a en effet pu suivre des formations avec le CEREMA et l’ADMA (Académie des mobilités actives) et même connu rapidement son premier baptême du feu : le congrès de la FUB à Grenoble, d’où il est originaire.

Chargé de plaidoyer vélo ça ne court pas les rues, il devait y en avoir moins d’une dizaine en France en 2023. Le financement de l’ADEME, obtenu sur trois années, a permis à VélOOise d’envisager un recrutement sur un tel poste. Retour avec le principal intéressé sur deux années de travail en commun.

Mon quotidien

Au quotidien, j’ai la chance de pouvoir faire du sport quasiment tous les jours et presque sans m’en rendre compte en me déplaçant à vélo et en intermodalité avec le train ou le car sur tout le sud de l’Oise.

Épauler, sensibiliser et rencontrer de multiples personnes en dehors du bureau, c’est ça mon quotidien. Ça va des enfants de maternelle à André, 92 ans et bénévole mécano de l’atelier de Nogent, qui se déplace toujours à vélo !

C’est aussi bien sûr, du temps de bureau classique, au Relais vélo, à jongler entre différentes tâches : accueillir les client⋅es, faire des devis pour les animations, assurer un peu de communication pour les antennes, répondre aux différentes sollicitations par mail ou sur Mattermost, notre plateforme d’échanges entre adhérent⋅es.

Mes conseils pour un plaidoyer efficace

Un des conseils que j’aurais pour une personne qui fait du plaidoyer, ce serait en premier lieu d’être présente sur le terrain, pour être bien identifiée par les acteurs locaux. C’est ce que j’ai tenté de faire durant deux ans, même si sur un territoire aussi large, il est compliqué d’être partout.

Pouvoir avoir un contact direct et des échanges réguliers avec les élu⋅es et leurs équipes est primordial, car cela permet de concrétiser des choses, s’il y a de la bonne volonté en face. J’ai en tête l’exemple d’une petite commune, Chaumont-en-Vexin, dans laquelle j’ai eu la chance d’accompagner régulièrement un groupe d’habitant⋅es motivé⋅es et la mairie sur le sujet des mobilités actives.

Le résultat, c’est que la mairie a obtenu un financement de l’ADEME et que les choses vont pouvoir avancer pour le vélo dans cette commune.

Par ailleurs, la visée du plaidoyer, ce n’est pas que de l’aménagement lourd (même si ç’est un point décisif pour faire adopter la solution vélo) mais aussi de la sensibilisation, communication et des aménagements plus légers/expérimentaux, comme les rues scolaires ou le plan de circulation. En combinant tout cela, on voit qu’on arrive, à force, à changer certaines idées reçues et à faire avancer les choses.

A Lille avec Emmanuel Perrin, élu à la mairie de Creil et l’Agglo, pour la remise des prix régionaux du Baromètre Vélo

Ce que j’ai aimé sur ces deux années dans l’Oise

La variété des missions, la découverte des différents coins de l’Oise, avec leurs spécificités, le travail régulier avec des élèves des écoles élémentaires, mais également avec les bénévoles des antennes locales, la grande liberté d’action laissée par l’association.

Ce que j’ai détesté sur ces deux années dans l’Oise

Les voitures présentes partout, tout le temps, garées sur les trottoirs et roulant souvent beaucoup trop vite, l’inertie assez forte des politiques au niveau local pour sortir d’un schéma « tout-voiture » complètement dépassé, le fait de ne plus savoir où donner de la tête au vu des nombreux chantiers à mener avec l’association, les gares et l’espace public non accessibles.

Une mission riche et bénéfique pour Vélo Oise

Grâce à Nils notre voix a porté plus loin, plus fort, tous les jours, il a accompagné les bénévoles en charge du plaidoyer dans leur antenne. Il est à la fois “multi-tool” pour débrouiller toutes les situations, expert en intermodalité : sur plusieurs centaines de déplacements, il n’a jamais conduit une voiture (et pourtant il a son permis !). Moins d’une dizaine ont été réalisés en covoiturage. Il est devenu incollable sur les lignes et les tarifications des réseaux de transport pourtant complexes. En début d’année 2026, Nils est parti retrouver ses chères Alpes à Chambéry, Louise poursuit la mission.


Cet article est tiré de la Bicycl’Oise n° 25

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