AU5V : Maire de Margny depuis 28 ans, vous avez depuis 2017 encouragé le développement d’aménagements cyclables dans votre commune, avec les double sens cyclables. En 2022, un schéma directeur des Mobilités Douces a été élaboré avec une démarche très participative. Une des réalisations a été la fête des mobilités douces du 24/9 dernier. Qu’est-ce qui vous y a encouragé ?
Bernard Hellal : Le contexte nous y incitait à plusieurs titres :
– avec les nombreux services mis en place en direction des familles, Margny a vu croitre rapidement sa population, et le trafic automobile avec. Cette croissance se poursuivant, nous voulons éviter les risques de saturation de la circulation, et garder à Margny son attractivité et son esprit village.
– Bon nombre de nouveaux arrivants sont des jeunes familles ayant quitté Paris, recherchant un cadre et une circulation paisible, et sécurisée. Elles importent à Margny leurs pratiques des mobilités douces : adaptons-nous, valorisons-les, elles contribuent à l’esprit village.
Notre politique de mixité sociale veut que l’espace urbain soit accessible à tous, notamment aux personnes à mobilité réduite… ou à budget réduit…

La hausse du prix des carburants incite à prendre – ou reprendre – son vélo. A condition que les aménagements et comportements favorisent une circulation apaisée et sécurisée.
– enfin, face à la dégradation du climat – au plan écologique comme démocratique ! – nous engageons à Margny une politique de transition écologique ET démocratique : les deux sont indissociables. La participation des habitants, usagers de l’espace public, au schéma directeur des mobilités douces a été déterminante sur la qualité du diagnostic et sur l’acceptation / appropriation des actions définies. La fête des mobilités douces en a été une belle démonstration. Cela nourrit notre ambition : « Faire de la commune de Margny l’affaire commune des margnotins ».
AU5V : Vous avez choisi de déployer cette année le programme MOBY dans 2 écoles (l’AU5V y aura en charge la sensibilisation des élèves). Qu’attendez-vous de ce plan de déplacement d’établissement scolaire ?
Bien sûr, l’apport de solutions techniques adaptées, qui permettront d’augmenter l’usage de modes de déplacement doux pour accéder aux écoles.
En outre, la démarche associe et implique toutes les parties concernées : élèves, parents, profs, riverains, police municipale. C’est un gage de réussite majeur, également un bon apprentissage de la co-construction des solutions dont ont besoin les générations futures.
Enfin, … et surtout ! Impliquer les jeunes, en tant que citoyens à part entière, c’est leur donner le plus tôt possible le pouvoir d’agir sur leur futur, … et sur les comportements de la génération qui les précèdent ! Quand on leur en donne l’occasion, ils savent bien provoquer nos changements, nous transformer !
AU5V : En général, un peu partout sur le territoire, nous rencontrons des coupures dans les liaisons intercommunales. A Margny, comment se passe la coordination avec les communes voisines ?
Effectivement, lors du diagnostic participatif, les usagers ont pu repérer et nous indiquer tous les points de rupture, existants ou à venir. Forts de ces éléments, d’autant plus crédibles et légitimes qu’ils venaient des usagers, nous avons pu entrer en dialogue – technique et politique – avec le Service Transports de l’Agglomération de la Région de Compiègne (ARC) : vu leur cohérence, il a bien pris en compte ces éléments dans le Plan Vélo de l’ARC, et les a intégrés dans son plan pluriannuel d’investissement.
On peut en conclure que les liaisons douces intercommunales favorisent les liens et la coopération intercommunale !
