Le double Sens Cyclable a plus d’un intérêt pour le cycliste : chemin le plus court, évitement des axes denses et/ou peu sûrs, contact visuel lors des croisements .
De par ses avantages, le DSC a pour but et conséquence de favoriser la pratique du vélo.

En Belgique, depuis 2004, les cyclistes sont autorisés à circuler à double sens dans les voiries à sens unique. Seules des raisons de sécurité peuvent s’y opposer ( largeur de chaussée insuffisante, absence de visibilité en virage,… ) . Ces rues sont signalées à l’aide de panneaux et éventuellement de marquage.
En région de Bruxelles-Capitale, en 2010, une rue sur quatre était un DSC ( SUL ).
Si l’on reste au niveau de la voirie locale, c’était 33 % des rues qui étaient en DSC en 2010.
Cependant, quelques années après la mise en place de cette autorisation, certains DSC continuaient parfois à être perçus comme « dangereux ».
Une étude a donc été demandée pour évaluer cette mesure afin de répondre de manière objective aux critiques et remarques.
Cette étude faite en 2008/2009 et 2010 par Bruxelles Mobilité et l’IBSR ( institut belge pour la sécurité routière) avait donc pour but de faire une analyse fine des accidents de cyclistes ayant eu lieu dans un SUL, ou à l’entrée ou la sortie de ce dispositif en région de Bruxelles-Capitale

La conclusion est sans appel : Il n’y a proportionnellement pas plus d’accidents impliquant un cycliste circulant à contresens dans un Double Sens Cyclable que dans le sens général de circulation, voire même un peu moins.
L’étude belge cite également des études menées à l’étranger et qui confirment son analyse.
Le corollaire à cette conclusion est que – en raison des avantages qu’engendre la mise en Double Sens Cyclable des voiries -, ceci a un effet positif global sur la sécurité
Les recommandations de l’étude concernent les carrefours .
En effet, la majorité des accidents avec un cycliste circulant à contresens a lieu en carrefour. Les études étrangères le confirment également.
Concernant les carrefours, il y a 2 points qui doivent être considérés avec grande attention :
- L’aménagement des carrefours doit être bien pensé afin de diminuer la vitesse des usagers et d’augmenter la visibilité mutuelle (par exemple par marquage de logo vélo au sol pour attirer l’attention des automobilistes et aider les vélos à bien se positionner )
- Il faut également inciter les usagers à augmenter leur vigilance à l’approche d’un carrefour formé avec un Double Sens Cyclable.
Les études étrangères citées concernent l’Allemagne, l’Angleterre, la France, la Norvège.
En Allemagne, la mise en contresens cyclable de voirie est autorisée depuis 1997 .
La ville de Munster a été précurseur en instaurant des SUL dès la fin des années 80. Et avec une étude de 1992 a montré que le nombre et la gravité des accidents avec un cycliste dans ces voiries restaient pratiquement inchangés.
Une étude de 2002 menée dans 15 villes allemandes, arrive à la même conclusion.Cette étude souligne que la plupart des accidents avec un cycliste circulant dans le contresens avaient lieu avec des piétons, car ceux-ci ne vérifient pas si un cycliste arrive dans le sens contraire.
L’étude londonienne de 1998 confirme ces conclusions.
En France, 215 km de double-sens cyclables ont été ouverts durant l’été 2010 dans les zones 30 à Paris. L’étude de la Mairie de Paris réalisée sur 7 sites en 2011 conclu que malgré l’augmentation du nombre de cyclistes, le nombre d’accidents n’a pas augmenté.
En conclusion
- les expériences menées dans de nombreuses villes de France et d’Europe montrent qu’il n’y a aucune accidentalité constatée en lien avec les DSC, au contraire, on constate même moins d’accidents cyclistes dans ces rues
- les expériences menées dans plusieurs villes aux rues étroites, comme c’est le cas à Senlis, montrent tous les jours que «quand ça passe pas, ça passe quand même !!». En d’autres termes, quand la largeur de la voie s’avère insuffisante pour un croisement d’un vélo et d’une voiture, les deux conducteurs de voient et s’arrêtent ou ralentissent, pour laisser le passage à l’un des deux (souvent le vélo, qui bénéficie du devoir de prudence envers l’usager le plus vulnérable), mais parfois le cycliste se range le long du trottoir, ou entre 2 voitures en stationnement, pour laisser passer la voiture. Et on constate alors que 2 objectifs sont atteints : faciliter la circulation des cyclistes et apaiser les vitesses !
Retrouvez notre vidéo de 2018 à Lamorlaye : depuis cette période la rue a été mise à double sens cyclable.
Cet article est paru dans notre bulletin no 20.
